Site Loader

2) Des lois tirées d’une interprétationradicale.   L’ensemble du droit saoudien est uneinterprétation de la charia appliquée dans le pays. La charia1peut se définir comme les normes de l’ordre privé et public dictées par lareligion musulmane. Il est communément admis que le terme signifie « chemin quise dirige vers la source ». C’est donc le chemin à suivre pour satisfaire lavolonté d’Allah pour tous les musulmans. Elle n’est pas définie par un livre delois spécifique, ce qui laisse libre court à plusieurs interprétations. L’interprétation et l’application2de la charia varie par ailleurs dans l’Histoire en fonction de la zone dans lemonde musulman.

Elle est à la source du droit en Mauritanie, dans les états dunord du Nigeria, au Soudan, au Yémen, en Somalie, en Iran et en ArabieSaoudite. Les autres pays du monde musulman l’utilisent en partie, de manièreplus ou moins modérée. La Turquie est officiellement une république laïque maisle parti islamiste étant au pouvoir, la charia influence indéniablement la loidu pays. L’Arabie saoudite interdit tout religieux « impie » d’entrée sur leterritoire et la construction d’autres bâtiments que des mosquées sunnitesn’est pas autorisée. L’enterrement d’un non-musulman saoudien sur le territoireest théoriquement interdit mais il existerait selon une source américaine aumoins un cimetière pour ces corps.             Ainsi, le royaume prohibe toute activité «haram » (ici : illicite, interdit) sur son territoire. Les hududs sont lescrimes dont les sentences dites sans jugement car la peine est déjà indiquéedans le Coran, les tazirs sont les crimes gérés au niveau local et les qissassont les infractions où l’on applique la loi du talion.

(Principe deréciprocité : la victime sera « vengée » car le coupable subira exactement lemême préjudice que celui commis par sa faute à la victime.)3  Dans le droit saoudien, la peine del’accusé sera prononcée si l’un des facteurs suivants est vérifié : aveuvolontaire ou témoignage sur parole de deux témoins masculins (quatre dans lecadre d’une éventuelle condamnation pour adultère.). Les témoignages d’unnon-musulman (impie) ou d’une femme ont une moindre valeur. Un grand nombre decrimes est puni par la loi. Les condamnations sont terribles. L’Arabie saouditen’a pas aboli la peine de mort et fait partie des vingt-trois pays ayantofficiellement exécuté pénalement quelqu’un en 2016. Sur cette année, 153personnes ont été exécutées.

4La flagellation, la décapitation et la crucifixion sont les principaux moyensemployés. Les condamnations non-létales peuvent entraîner un certain nombre decoups de fouet ou des peines très variables selon la loi du talion. Les peines prédéfiniesselon l’interprétation wahhabite du Coran sont par exemple une amputation de lamain pour un vol.   En outre, les citoyens doivent suivreplusieurs principes très précis, tout contrevenant étant sévèrement puni par laloi.   Ils doivent entre autres : · suivre les cinq prières journalièresrecommandées par la religion.· ne pas tromper leur conjoint, surtout lesfemmes car la polygamie est autorisée.· ne pas fumer ou boire ou manger la journéedans les lieux publics lors du ramadan.· suivre les codes vestimentaires imposés.

· ne pas photographier les institutionsd’état ou religieuses.· ne pas boire d’alcool ou consommer desdrogues dures et douces.· La plupart des réseaux sociaux sontinterdits ou limités et le cinéma (même si il a été ré-autorisé le 11 décembredernier) et les autres formes « d’occidentalisation de la société » sontinterdits.· ne pas avoir de relations homosexuelles.5   Le droit des femmes évolue actuellementen Arabie Saoudite notamment avec les actions du prince héritier Mohamed BenSalmane. Mais elles restent considérées comme inférieures. Elles ne sont pasindépendantes et sont contraintes à plusieurs normes : · Elles doivent porter le abaya (ne laissevoir que le visage).

· Pour sortir, travailler ou se marier, lesfemmes doivent obtenir l’autorisation de leur tuteur, le plus souvent leurpère, leur frère ou leur mari.· Elles ne peuvent conduire une voitureseule. (Cas unique au monde)· Même si elles travaillent, elles nepeuvent ouvrir un compte en banque qui leur garantirait une autonomiefinancière.· Elles ne peuvent côtoyer un hommen’appartenant pas à leurs cercles proches, cela pouvant être considéré comme unadultère.· Elles ont cependant le droit de voter etde se présenter depuis les élections communales de 2015. Quatorze d’entre ellesont été élues. Cela semble dérisoire par rapport aux 2000 postes à pourvoirmais c’est bien une petite révolution pour l’Arabie Saoudite.

6 La législation intérieure du royaume marque donc unefermeture culturelle évidente du système saoudien. L’Arabie Saoudite n’est pasmondialisée en la matière, le transfert d’idées ou d’opinions politiques ouculturelles n’est aucunement globalisé. Les citoyens suivent les valeursprônées par le régime même si certains membres fortunés du régime dérapent enagissant contrairement aux recommandations imposées par la charia à l’étranger.On note par exemple le cas de Saud Bin AbdulazizBin Nasir al Saud en 2010 qui a tué son serviteur avec lequel il entretenaitdes relations sexuelles.7 Le royaume est ultraconservateur,rigoriste et la religion est donc le premier facteur de la législationintérieure du pays. Par les facteurs évoqués ci-dessus, on peut affirmer queles lois sont donc tirées d’une interprétation wahhabite du Coran, c’est-à-diredes plus radical3) Une prétention régionale et mondialeau leadership culturel du monde arabo-musulman             Ladiplomatie religieuse de l’Arabie saoudite est contradictoire. Le salafisme serépand de différentes façons dans le monde alors que ce courant extrémiste del’Islam est extrêmement sectaire.

Le comportement du royaume saoudien resteaujourd’hui ambigu face à cette idéologie. Les enjeux et intérêts de ce royaumevarient en fonction du cadre et influencent la politique de ce pays à plusieurséchelles. a)   Au niveaurégional    Ibrahim Tabet, auteur d’unechronique à L’Orient le jour (journal de référence libanais), qualifiait leMoyen-Orient de véritable poudrière.8Ici, ce terme qualifie une région du monde dont les enjeux et les tensionspeuvent provoquer un conflit armé aux proportions qui la dépassent.

On parle debalkanisation, en référence au point de départ factuel de la Ière guerremondiale : Les Balkans. Au niveau de cette région, deux pays se disputent leleadership culturel : le royaume d’Arabie saoudite et la république islamiqued’Iran. Les deux pays ont une histoire commune marquée par leur rivalité. Cetterivalité se caractérise par des tensions liées à la différence ethnique entreles perses iraniens et les arabes saoudiens et à la différence religieuse dedeux courants musulmans qui se disputent l’interprétation de la parole duprophète. En effet, l’Iran est le principal pays chiite et l’Arabie saouditeest constitutionnellement wahhabite, courant rigoriste du sunnisme.

Unesituation tendue est née de cette rivalité multiple, poussant ces deuxpuissances à se constituer un réseau diplomatique d’alliés pour défendre leursintérêts.On peut dire que ce contexte sous forme demarche à la guerre est né en 1979 avec la révolution islamique iranienne quiaboutit à la destitution du Shah d’Iran soutenu par les Américains. L’Irandevient un pays hostile à l’influence américaine dans la région et ses alliésdont fait partie l’Arabie saoudite. Depuis, de multiples incidents diplomatiquesont causé des relations diplomatiques irano-saoudiennes déplorables.

Elles ontpar ailleurs été coupées en 2016.9   L’Arabie saoudite utilise doncpleinement ses pouvoirs de régulation du prix du pétrole pour conclure desalliances avec les Occidentaux. Les autres pays sunnites de la région sontpresque tous alliés avec le royaume.

Du côté Iranien, les pays avec les meilleuresrelations diplomatiques sont la Russie, le Venezuela (contre « l’impérialismeaméricain ») et la Syrie.L’Arabie saoudite est actuellementindirectement en guerre avec l’Iran au Yémen. Ce conflit débute en 2012 avec leprésident Ali Abdallah Saleh qui quitte le pouvoir et cède sa place à sonsuccesseur Abd Rabbo Mansour Hadi. Il représente à lui seul la situationexplosive au Moyen-Orient et les conflits d’intérêts entre les puissancesrégionales. En été 2014, les rebelles houthistes s’emparent de Sanaa, d’unepartie du nord, du centre et de l’ouest du territoire. Le 26 mars 2015, lacoalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite et composée de neuf pays sunnitesintervient contre l’avancée rebelle par attaque aérienne. En juillet, lesforces loyalistes appuyées par la coalition reprennent cinq provinces au sudavant d’occuper en octobre le détroit de Bab al-Mandeb, lieu de transitessentiel du trafic maritime mondial.

En avril 2017, l’ancien gouverneur d’AdenAidarous al-Zoubaidi est remercié par le président Hadi. Le 29 novembre, leconflit entre l’ex-président Saleh et les houthis se traduit par la violence etcausent plusieurs morts. Les houthis dévoilent les 4 décembre photos à l’appuila mort de l’ancien président Saleh.

10  Au niveau régional, l’arabie saouditeprotège donc ses intérêts avec un système de hard power (accords économiques etmilitaires) dans une optique de renforcement de son leadership du mondearabo-musulman. b) au niveau international   L’arabie saoudite investit des moyenspour que les musulmans puissent prier partout dans le monde occidental,particulièrement en Europe. Par le biais de flux financiers opaques, le royaumeprend en charge la construction de mosquées et de certains coûts defonctionnement. Cependant, cela reste assez marginal en France, officiellement4 millions € ont été investis dans la participation à la construction de huitlieux de culte en france métropolitaine.

  L’arabie saoudite est liée à des groupesrigoristes wahhabites qui participent à l’embrigadement des terroristes etl’organisation d’attaques kamikazes par le biais de sites prônant un djihadviolent à réaliser en Europe pour s’ouvrir les “portes du paradis” pour lapartie la plus sombre, minoritaire.11 C’estune autre forme de hard power qui bloque nos villes et campagnes occidentaleset engagent des mesures comme la prolongation de l’état d’urgence en France. Lapartie la moins sombre de cette influence de courants religieux en lien avec leroyaume en occident est la radicalisation d’une partie des musulmansoccidentaux liée aux prêches rigoristes de certains imams notamment souvent enlien avec ce type d’institutions. Cela représente le soft power (influenceculturelle) d’une nation confiante qui assume son rôle.                 Pourprétendre à cette position voulue de leadership du monde arabo-musulman auniveau régional et au niveau mondial, le pays alterne des politiques de hardpower et de soft power.

Le pays jongle entre alliance avec les pays occidentauxdans le cadre d’une rivalité avec l’Iran notamment et une influence néfaste surses alliés à travers une politique plus floue sur ses liens avec certainesorganisations extrémistes de l’Islam pouvant mener au terrorisme. Ce problèmeillustre le paradoxe lié à ce double-jeu diplomatique du pays et pose desquestions sur la durabilité à long terme à venir.               1www.larousse.

fr/dictionnaires/francais/charia/147562 https://www.franceculture.fr/..

.et…/les-mondes-de-l-islam-410-les-applications-de-la-cha.

..3 https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_saoudien4 www.lepoint.fr› International 5 www.

arabiesaoudite.fr/2017/07/17/interdits-arabie-saoudite/ 6 https://www.anguillesousroche.com/..

./onze-choses-a-ne-jamais-faire-en-arabie-saoudite-… 7 www.lefigaro.fr ›ACTUALITE › Société8 https://www.lorientlejour.com/article/1070293/la-poudriere-du-proche-orient.html 9 CourrierInternational 10Comprendre la guerre au Yémen – France CultureYémen : les cinq actes d’un conflit oublié – Le Figaro    11 Dr.Saoud et Mr.Djihad , Pierre Conesa.

Post Author: admin

x

Hi!
I'm Dora!

Would you like to get a custom essay? How about receiving a customized one?

Check it out